Dans la rue

Cette section regroupe mes travaux de photographie de rue.

Initié à cette pratique au cours d’un voyage à New-York (2002), ce réflecteur géant, berceau ou paradis de la street photography, je m’y réemploie furtivement à Stockholm (2007), porté par une lumière rase de St Jean, qui manque généralement cruellement dans l’envie photographique. Car si la lumière du jour est déjà là, au prochain croisement, merveilleuse et suffisante, elle est aussi rare et évanescente, et s’accorde peu à nos visées. C’est tout le problème. Si on se débarrasse de l’envie d’utiliser des flashs de studio ou des moyens cinématographiques au milieu du quotidien, une voie possible est de se laisser gagner par cette rareté, pour qu’elle prenne de la place, soutienne les moments creux, plutôt que de s’employer à la multiplier artificiellement, à se réjouir du monde spectaculaire, y compris aux bonnes fin de le rayer.
A côté de quoi, c’est bien le portrait emprunté aux citoyens, sur la scène publique, ou volé aux individus, sur la scène privée de l’intime, qui m’attire et m’agace dans la rue. Porté par cette découverte, je trouve mon compte d’ambivalence à Paris, cette fois en travaillant en numérique. Sur la rive nord du Pont-Neuf, les effets croisés des rayons directs du soleil hivernal d’une part et des reflets renvoyés par la Samaritaine d’autre part figurent ensemble un surcroît de grâce posé sur nos apparitions dans la rue (La vue et la rue, 2008). Quoique ; ça clic mais ça cloche, comme toujours ; j’envisage de suggérer l’état et la vie d’autres micro-quartiers de Paris, toujours par l’entremise de portraits de passants sortis du lot ; je vais finalement me perdre un peu plus loin dans Mille et une prises de Bastille (2008), par où je peux abandonner l’exercice, repus, insatisfait, dégoûté, et jusqu’au numérique. Le désir du recours à la grâce a duré un temps ; demeure le besoin infus de lumière.

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