2012 – Série « Si a la vida ».

Prise de vue : 2012, Buenos Aires, Argentine.
Ensemble d’une centaine de photographies argentiques n&b (format 24×36).
Découverte de Buenos Aires au mi temps de la vie.

Pour l’occasion de mes quarante ans, on m’a fait le cadeau d’un voyage ; je ne manquai pas d’emporter mon appareil de reportage ; il y a donc quelques traces. Mais pour la photo, cette ville de Buenos Aires ne m’a pas grandement inspiré et j’ai cru dans l’inconfort et en dépit de mon souhait qu’il n’en sortirait rien. Pourtant quel tremblement. Pendant, au retour. Moi qui croyais être déjà rentré dans la maturité ou ne plus croire à l’usage du dépaysement marqué… Encore une fois la vie et la photographie semblent se considérer de deux planètes différentes, qui se côtoient dans l’incommode. Et puis aussi – après l’ombre –, cet autre concept de Jung, la mi-vie, pour rendre compte de cette durée pendant laquelle des changements conséquents peuvent avoir lieu pour la personne, opérant des inversions de dominance de caractère, autorisant des conversions mieux ajustées, des révélations et des renforcements de soi à soi pour ne pas vivre à moitié. Après la déception et avec le recul, cette série photographique ne m’est plus étrangère, comme ça arrive régulièrement dans l’après-coup photographique. En fait, la photographie peut aussi avoir un déclic d’avance, ne pas coller à l’événement, être à côté, c’est encore une manière pour elle d’être décisive, discrètement décisive, pour un peu plus tard. Ajustement au monde tel qu’il est et à soi tel qu’on devient.

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